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Le crédit au pôle

La récolte est la garantie.

Chaque pôle dispose d’un comptoir bancaire. Les produits qui y passent sont pesés, classés, stockés et vendus avec des registres sur lesquels un prêteur peut s’appuyer. Les banques nationales et les institutions de microfinance peuvent alors prêter contre la récolte elle-même, recouvrer au point de vente et constituer un historique de crédit pour des producteurs qui n’en ont jamais eu.

Pour les institutions de développement et les investisseurs : Financer la plateforme.

Pourquoi les producteurs ruraux ne peuvent pas emprunter.

Rien de ce qu’ils font n’est enregistré : ni volumes, ni prix, ni historique de remboursement, ni garantie qu’une banque puisse détenir. Le crédit sans registres, sans recouvrement ni sûretés a échoué à maintes reprises. Sans crédit, les producteurs ne peuvent investir ni dans les intrants, ni dans le stockage, ni dans la transformation. Le pôle apporte les registres, le recouvrement et les sûretés.

Suivre la récolte.

Les produits vont dans un sens, l’argent dans l’autre, et chaque étape laisse une trace. La banque intervient à l’étape 4 et est remboursée à l’étape 7, sur la vente elle-même.

Suivre la récolte : produits, argent et historiques entre membres, coopérative, pôle, acheteur et banque Membres petits producteurs Coopérative vend en un seul lot Pôle pèse · classe · stocke Acheteur transformateur, négociant Banque banque ou microfinance 1 Livraison de la récolte 2 Pesée · classement · stockage · récépissé 3 Récépissé et historiques — avec consentement 4 Avance contre le récépissé 5 Transformé, vendu en un seul lot 6 L’acheteur paie à la banque 7 Remboursement à la source · solde libéré 8 Membres payés

Faites défiler latéralement pour voir tout le schéma.

  • Produits
  • Argent
  • Historiques, partagés avec consentement
  1. 1

    Livrer

    Les membres livrent leur récolte au point de collecte de la coopérative, au pôle.

  2. 2

    Stocker et attester

    Le pôle pèse, classe et stocke chaque lot. Un récépissé indique le propriétaire, la quantité, la qualité, la date et le lieu.

  3. 3

    Partager l’historique

    Avec le consentement de la coopérative, récépissés et historiques de livraison sont transmis à la banque partenaire.

  4. 4

    Avancer

    La banque avance à la coopérative une part de la valeur du stock, contre le récépissé.

  5. 5

    Valoriser et vendre

    Mouture, séchage, pressage ou froid ajoutent de la valeur ; la coopérative vend un volume classé à un acheteur, en un seul lot.

  6. 6

    L’acheteur paie la banque

    L’acheteur paie sur le compte de la coopérative à la banque partenaire — et non en espèces au portail.

  7. 7

    Remboursé à la source

    La banque prélève l’avance, puis libère le récépissé et le solde au profit de la coopérative.

  8. 8

    Membres payés

    La coopérative rémunère ses membres selon ses propres règles. Chaque étape enrichit l’historique de crédit de la saison suivante.

La récolte en garantie.

Ce dont un prêteur a besoin avant d’avancer des fonds sur une récolte — et ce que le pôle lui apporte.

Un stock vérifiable

Pesé sur des balances étalonnées, classé selon une norme déclarée et stocké dans une installation que le prêteur peut inspecter à tout moment. Chambres froides et magasins secs préservent la valeur du stock tant que le crédit court.

Un récépissé nantissable

Chaque lot est enregistré au nom de son propriétaire — quantité, qualité, date et lieu. Le récépissé est le document contre lequel la banque prête ; il est libéré au remboursement.

La maîtrise de la vente

L’acheteur paie sur le compte de la coopérative à la banque partenaire, et non en espèces au portail. Le service de la dette est prélevé à la source avant que le solde ne parvienne à la coopérative.

Un historique qui s’accumule

Livraisons, qualités, prix, consommation d’énergie et remboursements sont enregistrés saison après saison. Avec le consentement du producteur, cet historique devient un dossier de crédit — et le deuxième prêt est tarifé sur le premier.

La forme juridique du nantissement suit le droit de chaque pays et les procédures propres à chaque prêteur. Le pôle fournit les faits ; la banque décide.

La vente collective rend toute la filière bancable.

Un petit producteur isolé est trop petit pour qu’un acheteur contracte avec lui et trop coûteux pour qu’une banque lui prête. Une coopérative qui vend, par le pôle, des volumes classés et stockés n’est ni l’un ni l’autre.

PartieCe que la vente collective par le pôle lui apporte
Les producteurs et leur coopérativeUn meilleur prix pour un lot classé que pour des sacs vendus en vrac au bord du champ ; la possibilité de stocker plutôt que de vendre au plus bas des cours de récolte ; du crédit sans titre foncier.
Les acheteurs et transformateursUn contrat au lieu de centaines ; des volumes réguliers, des qualités déclarées et une origine traçable ; des capacités de froid et de stockage sec qui préservent la qualité ; des livraisons selon un calendrier.
Les banques et institutions de microfinanceUne créance contractuelle au lieu d’une avance non garantie ; des contreparties moins nombreuses et plus grandes, pour un coût par crédit plus faible ; un remboursement prélevé sur la vente ; un historique de performance par coopérative.
Le pôleDu volume pour ses services de transformation, de stockage et de logistique — et des rémunérations indépendantes du sort de tout crédit.
L’ÉtatDes volumes, des prix et un crédit enregistrés, que les programmes publics peuvent mesurer et planifier.

L’agrégation qui vaut à la coopérative un meilleur prix donne à l’acheteur un approvisionnement prévisible et à la banque une créance contre laquelle prêter.

Comment le crédit se construit dans un pôle.

  1. 1

    L’historique

    Chaque service tarifé est mesuré : kilogrammes moulus, jours en chambre froide, mètres cubes pompés, kilowattheures rechargés, unités vendues et payées. Avec le consentement du producteur, cet historique devient un dossier de crédit.

  2. 2

    La coopérative

    Les coopératives sont l’interlocuteur pour la négociation collective sur les intrants et les prix de vente, et pour l’agrégation de volumes qui atteignent un acheteur avec lequel il vaut la peine de négocier. La vente collective et un accès facilité au marché sont les premiers gains, avant tout prêt.

  3. 3

    L’actif

    Les produits stockés et transformés au pôle peuvent être nantis : le crédit est avancé contre un stock réel et vérifiable, dans une installation que le prêteur peut voir, et remboursé à la vente.

  4. 4

    Le recouvrement

    Le remboursement suit les flux de trésorerie agricoles et est collecté là où le revenu est gagné — au point de vente et au comptoir du pôle — via la monnaie mobile et le compte de la coopérative.

  5. 5

    Le prêteur

    Les banques nationales et les institutions de microfinance prêtent ; le pôle fournit le comptoir, les données et le recouvrement. Le prêteur voit en temps réel quelles entreprises sont performantes.

D’une récolte à une filière.

Le crédit est introduit par étapes. Chaque étape produit la preuve de la suivante ; mis en commun entre les pôles, les historiques ouvrent la filière aux prêteurs.

  1. 1

    Comptes, paiements et historiques

    Dès la première saison

    Comptes de la coopérative et des membres au comptoir du pôle ; paiement des services du pôle et des ventes par la banque ou la monnaie mobile. Pas encore de risque de crédit ; l’historique commence.

  2. 2

    Crédit sur stock

    Dès que le stock est entreposé

    Avances contre des produits classés entreposés au pôle, remboursées sur la vente. Un crédit de court terme, garanti par le stock lui-même.

  3. 3

    Crédit d’intrants et de fonds de roulement

    Tarifé sur l’historique

    Semences, engrais et fonds de roulement pour les coopératives dont les livraisons et les remboursements sont enregistrés, remboursés sur la vente de la récolte suivante.

  4. 4

    Équipements en location-vente

    Pour les entreprises du pôle

    Équipements de transformation, d’irrigation, de froid et d’électromobilité financés sur leur durée d’usage, la propriété étant conservée jusqu’au paiement complet.

  5. 5

    Données de filière

    À l’échelle du réseau

    Des historiques agrégés et anonymisés, de pôle en pôle et de saison en saison — volumes, qualités, prix, rendements, remboursements — donnent aux prêteurs, aux assureurs et aux programmes publics l’information nécessaire pour tarifer le risque agricole de la filière dans son ensemble, et non emprunteur par emprunteur.

Des rôles clairs, tenus séparés.

Le pôle est un prestataire rémunéré de la banque et de la coopérative — jamais partie au crédit.

La banque prête

Elle décide, tarifie et porte chaque crédit. Elle détient le risque de crédit et la relation client, selon ses propres procédures et dans le respect du secret bancaire.

La coopérative emprunte

Elle contracte le crédit, agrège les produits de ses membres, négocie la vente et répartit le produit selon sa propre gouvernance.

Le pôle exploite

Il exploite l’infrastructure et fournit ses services à la banque et à la coopérative — pesée, classement, stockage, comptes de collecte, historiques. Il ne prend aucune décision de crédit, ne recouvre rien auprès des membres et n’intervient ni dans la gouvernance ni dans les différends des coopératives. Sa rémunération ne dépend de la performance d’aucun crédit.

Un client formé est un meilleur client.

La formation construit la solvabilité

Un producteur qui a suivi un cursus reconnu via le centre de télé-éducation du pôle — accrédité, certifié, enregistré — présente à une banque un risque plus faible. La formation fait partie du système de crédit, ce n’est pas un programme à part.

Les incubateurs alimentent un vivier

Le pôle incube de nouvelles entreprises ; leurs données d’usage, de ventes et de paiements les rendent lisibles pour les investisseurs d’amorçage. Le capital-risque peut être orienté vers des entrepreneurs prometteurs sur la base de leur performance enregistrée.

Le partage de marge : rien payé d’avance.

Lorsque le paiement d’avance est l’obstacle à l’utilisation des équipements, le pôle prend une part de la valeur ajoutée sur les produits transformés au lieu d’une redevance d’usage. L’agriculteur ou la coopérative ne paie rien d’avance ; le pôle gagne son rendement sur la vente ; la relation bancaire et l’historique de commercialisation en font un dispositif commercial, et non une subvention. Le pôle étant rémunéré par une part de la valeur ajoutée, ses recettes augmentent avec celles du producteur.

Les coopératives de femmes d’abord.

Les coopératives de femmes sont la contrepartie de premier recours dans chaque pôle. La Banque d’Investissement et de Développement pour les Femmes (BIDF), banque publique burundaise d’investissement et de développement pour les femmes, a signé une convention de collaboration avec Gigawatt Burundi S.A. : Gigawatt Burundi est le partenaire technique de la BIDF pour intégrer les PME féminines des filières énergétiques dans son offre et qualifier les femmes aux métiers de l’énergie.

La convention avec la BIDF

Un partenaire bancaire dans chaque pôle.

Le programme invite les banques nationales, les institutions de microfinance, les fonds de garantie et les acheteurs à concevoir les produits de crédit d’un pôle pilote : crédit sur stock, crédit d’intrants et de fonds de roulement, équipements en location-vente.

Proposer un partenariat bancaire